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HISTOIRE DE BLIDA VILLE DES ROSES

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L’étranger t’appelle la petite Ville,

Moi, Blidéen, je t’appelle une petite rose (Ourida)

J’ignore le nom de celui qui a fait ce distique ; je sais seulement que c’est un Arabe. Il devait être poête pour avoir trouvé ces rimes délicatement sonores et parfumées…

Cependant, j’ai cherché souvent ce qui pouvait subsister de ce paradis de Mahomet avant la lettre, de ces « tapisseries de feuillage plus ombreuses que les allées de bois », qu’on pouvait y découvrir encore il y a trois quarts de siècles, j’y ai retrouvé peu de choses à vrai dire, sauf les jardins d’orangers et de roses dont les parfums ont survécu à la transformation de Blida.

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A GAUCHE, LA PLACE D’ARMES AVANT L’INDEPENDANCE AVEC SON EGLISE.

A DROITE, LA PLACE D’ARMES APRES L’INDEPENDANCE AVEC SA MOSQUEE.

A la Mosquée principale s’est substitué un kiosque à musique construit autour du Stipe d’un palmier, et cela me remet en mémoire une anectode assez savoureuse : la fête annuelle de Blida, se situait toujours aux environs de la Pentecôte. Au bal donné en pleine air, sur la Place d’armes, les couples dansaient à l’abri des parapluies car ce jour-là : immanquablement (c’était presque une tradition) il pleuvait et les Blidéens auraient été déçus si le jour de la fête de la Cité des Roses, le soleil avait été présent.

Pourtant si j’ai connu Blida transformé, je savais qu’il existait encore dans quelques ruelles, des maison basses d’autrefois aux portes discrètement ornées d’un petit auvant de tuiles mais « margées d’un bleu si violent que son reflet mettait sur les murs, de l’azur jusque dans les coins d’ombre ».

J’aimais me perdre dans certaines petites rues étroites où existaient encore des artisans qui travaillaient et brodaient le cuir. Je m’émerveillais devant les selles finement ouvragées, les mûles de femmes brodées d’argent. Il y avait aussi des écoles de tapis devant lesquelles je restais longtemps en contemplation.

Le jeudi nous allions très souvent en promenade au Bois Sacré et devant le Marabout de Sidi-Yaccoub caché au milieu des oliviers, le calme et la majesté de ce lieu nous rendaient muets. Parfois un vieil arabe emmitouflé dans sa djellaba, y venait prier et semblait s’attrister sur Blida la dissolue (la qahba) comme  elle avait été surnommée.

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Le cimetière de Sidi-El-Kébir et « son blanc fouillis de stèles » nous conservent encore aujourd’hui, sauvés par la mort, quelques reflets de cette poésie musulmane que la vie moderne a fait reculer. Mais autour de Blida, la nature n’a rien perdu de ses grâces. Les gorges de l’Oued-El-Kébir, ornées d’un Koubba de Saint, ont toujours leurs oliviers, leurs lentisques et quelques vieux moulins arabes. A l’époque où j’y vivais, Blida se révélait « double » avec ses oppositions fortes que donnaient les constructions claires sur les sombres verdures des cyprès et des orangers. Les deux âges de la Ville se révélaient à nous, d’un côté par « le blanc teinté d’azur et les terrasses plates des anciennes ruelles, de l’autre par le blanc pur et les toits rouges des quartiers modernes ».

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L’hiver était rude à Blida, logée au Pied de Chréa qui voyait, oh paradoxe ! Parmi les cèdres bleus du col, les sportifs chaussés de skis tandis que les oranger fleurissaient dans la plaine.

Blida ! qui ne survit que dans mon souvenir… Blida, qui fut le tabernacle des années heureuse de ma vie, je ne peux penser à toi sans nostalgie, car j’étais jeune ! et je gardais l’espoir que rien ne changerait jamais… Et surtout toi, ma bien-aimée….

Parfums envoutants,aura de courtisane,lieuxet paysages mythiques ont fait de Blida la muse ideale des musiciens,peintres et ecrivains.Beaucoup l’ont visitée,y ont sejourné.De l’orientalisme precieux du XIXe siecle à la periode de notre jeunesse en passant par les années 30,c’est un emerveillement…

Le grand compositeur Camille Saint-Saëns (1835-1921) a fait de frequents sejours en Algerie,plus particulierement à Alger,Blida et Hamma-Righa,ou il se rendait en cure.Il est mort a Alger,au sortir d’une representation à l’opéra.c’est a Blida que fut ebauchée la « suite Algerienne »Op 60,dont deux parties etaient chères aux Blideens.Ecrite dans un café de la rue des Coulouglis,la « Rhapsodie Mauresque »(deuxieme partie)rendait parfaitement la mélopée du muezzin de la mosquée toute proche.il a decrit lui meme ses lieux d’inspiration: »dans un des nombreux cafés maures de la vieille ville,les Arabes se livrent à leurs danses coutumieres,tour atour lascives ou effrenées,au son des flutes,des rebahs,et des tambourins… »La troisieme partiede la « Suite »: »Rêverie du soir à Blidah »,evoque une promenade au Bois Sacré,lieu de méditation privilégié.Cette « Suite Algerienne »tenait une place de choix dans les programmes de l’Association des Concerts Symphoniques de Blida.

Dans un domaine plus leger,André Gasquet compose le quadrille »Les Amoureux de Blidah ».Sa partition est dédiée à la « Societe des Amateurs Blideens ».

Le peintre Eugene Fromentin sejourna à Blidaet voyagea dans la Mitidja. »Sahara et Sahel » est une peinture passionnante de la vie locale au XIXe siecle.

Plus tard Alphonse Daudet oubliant Tartarin,nous fait toucher la neige sur les orangers…

Théophile Gautier,lui aussi décrit…loue…mais c’est en reporter pour l’inauguration de la premiere ligne de chemin de fer qui réunit Alger à Blida longue de 50 km.

Ferdinand Duchêne dans « Ceux d’Algerie »(1929) fustige avec humour Blida,ville qu’il connait bien puisqu’il y habite.

Elisa Rhaïs,dans les années 30,mit tout l’exotisme de la ville arabe dans ses nombreux romans.Tout Blida connaissait sa vie…

André Gide dans »Nourritures terrestres,livres troisieme et septieme)parla de « Blidah!Blidah!Blidah!fleur du Sahel!petite rose!

Maria Cardinal evoqua amoureusement Chrea et nos jeux d’enfants.

Ce blog est un rendez-vous des pieds noirs d’algérie et plus spécialement ceux de l’Algérois et surtout de Blida .

BLIDA,ville située à 260m.d’altitude au pied de l’Atlas,sur la rive droite de l’OUED EL KEBIR, dont les eaux abondantes alimentaient de nombreuses fontaines.Par sa position au milieu de la verdure de ses orangers, citronniers, oliviers et mimosas, Blida est l’une des localites les plus riantes de l’Algerie, justement surnommée « OURIDA », « La petite rose ».

Blida fut fondéen 1553 par AHMED EL KEBIR avec le concours d’immigrants Andalous, qui importerent dans la region l’art de l’irrigation, la culture de l’oranger et l’industrie de la broderie sur cuir.KHEIR EL DINE, leur protégé, fit construire à leur intention une mosquée, des bains et four banal entre la place d’armes et le marché.Blida etait au temps des Turcs, un lieu de plaisirs pour les janissaires et les Reis d’Alger: aussi l’avait on surnommée « Quahba », la prostituée.

En mars 1825, un tremblement de terre  detruisit la ville.Les blideens, apres avoir songés à fonder une nouvelle ville à deux kilomètres, rebatîrent leur cité sur l’ancien emplacement. BOURMONT y poussa une pointe le 25 juillet 1830, et CLAUZEL y pénétra le 19 Novembre suivant, au prix d’un combat sanglant, mais pour l’évacuer à son retour de Médéa. Le duc de Rovigo saccagea BLIDA en novembre 1834, mais l’évacua également. Le 3 Mai 1838, Valée y pénétra de nouveau et créa, aux portes de la ville, deux camps où il mit garnison. Ces camps sont devenus depuis les faubourgs de Joinville et de Montpensier. En 1839 enfin, la ville elle-même fut définitivement occupée.

Le 1er Octobre 1840, une première colonie française est installée qui comprend 300 familles.

Le 26 Septembre 1847, une ordonnance royale crée la commune de plein exercice de Blida.

Bien qu’elle ait subit, le 2 Mars 1867, un nouveau tremblement de terre, elle n’a cessé de prospérer faisant tomper ses murailles, elle s’est agrandie partout où elle a trouvé du terrain libre.

Le 2 Juillet 1962, elle devenait comme le reste de l’Algérie : Algérienne

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LA CELEBRE MICHELINE REMONTANT LE BOULEVARD DES ORANGERS POUR ARRIVER EN CENTRE VILLE.


16 réponses à “HISTOIRE DE BLIDA VILLE DES ROSES”

  1. 20 10 2008
    abou (17:37:45) :

    avez vous des photos du champ manoeuve a m’emvoyer je vous remercie beaucoup j’ai quitter alger a11 ans et je me souvient plus de mon quatier merci

  2. 8 11 2008
    choumane (22:11:56) :

    je suis née a blida j’aimerai bien savoir sur blida dans les année 20

  3. 17 11 2008
    el ferki (21:23:54) :

    (ourida )..c sid ahmed ben youcef el meliani qui a disais ça ,il est de meliana un marabout connu , a disais ca on visitons sid ahmed el kebir ..

  4. 1 05 2009
    Monique GOURLAOUEN née JAUME (15:29:07) :

    Je viens de découvrir ton blog. Heureuse de rencontrer un blidéen. Mon père est né à Blida ainsi que le premier JAUME né sur la terre d’Algérie en 1848.

    Moi je suis née à Paris en août 34, débarquée en Algérie en décembre 34 avec mes parents. Mon père y a occupé un poste de garde-forestier à Mahali, entre Borj Bouarrerij et M’sila. Nous nous sommes installés à Blida début 37 et y avons vécu jusqu’ à avril 46.

    Blida, c’est donc la ville de mon enfance et les Algériens des monta

  5. 8 01 2010
    André Dumas (18:33:10) :

    Une ville que je viens de découvrir avec plaisir.
    J’y reviendrais, c’est promis.

    Dernière publication sur  : AFN - Algérie - Orléansville - Paul Robert - 1/18° RA - 1959/1961

  6. 28 09 2010
    A.BENCHAIB (19:57:38) :

    La derniére visite que j´ai faite c´etai en1983, j´avais déjá constater qu´il ne
    restais pas grand chose de BLIDA VILLE DES ROSES ET DES ORANGERS, et les
    belles villas ornées jadis de rosiers ont ete pillées et sacagers pour cela j´avais
    quitté Blida en 1966 , j´en avais mare de voir ce pillage de bien qui nous
    appartenais pas . Je voyais déjá en ce temps la decadence catastrofique de
    BLIDA ,avec l´exode rurale qui a été fatale dans toute l´Algerie. C`est bien
    dommage pour ma Ville et pour l´Algerie ou son les Blidéens.
    Salutations

  7. 9 01 2011
    mychka (00:14:38) :

    peut etre q’un jour Blidah renaitra de ses cendres!!!!!

  8. 6 04 2011
    red med (21:25:45) :

    la ville des rose a plus histoire que ça pour voir l’histoire de bila cherche l’association blidah avec H a la fin et le president et monsieur menacer

  9. 10 08 2011
    fekir (14:11:55) :

    Blida a complètement changé , les villas ainsi que les terrains laissés par les ex occupants ont été soit détruits complètement soit le mur de cloture a été détruit et remplacé par un autre mur de 3 mètres de hauteur ressemblant la mignone villa genre de prison

  10. 28 11 2011
    batoul achoik (21:30:31) :

    ma ville natale s appel blida ou la ville des roses je suis fier detre blidienne

  11. 11 05 2012
    Djelloul (15:56:14) :

    @ A.BENCHAIB
    ****************
    C’est ce qu’on appelle l’excès de zele. Si tu as quitté Blida en 66 , mo je suis né en 44 , j’y suis et je mourrais ici.
    Blida belle ou pas , c’est ma ville et je ne la changerai même pas pour New-york ou Paris.
    Quand on a de la dignité et le NIF , on ne critique pas Blida alors que les frères PN , les frères d’hier , d’aujourd’hui et de toujours ont une une envie folle de revoir la ville de leur enfance.
    Par tes propos mesquins , tu agis contre leur volonté et leur désir.
    Si tu es fils de harki , c’est ton problème mais n’essaie pas d’influencer tous les lecteurs.

  12. 13 05 2012
    JEANNE DIENER (17:08:43) :

    Un demi-siècle de souffrance
    Jeanne Diener
    Resumé :

    1962-2012.

    Ces dates sont un déchirement pour ceux qui sont partis d’Algérie. Là-bas, enivrés par la lumière et le soleil, ils pensaient que ce pays était le leur. Dans ma souffrance je ne savais pas que 50 ans avaient passé depuis Blida. Cette déchirure est là, présente, constante. Le drame de 9 février 2005 ne l’a en rien atténuée ni annulée. La blessure s’est accrue de façon exponentielle. La perte de nos petits enfants se mêle à celle de l’Algérie et me laisse le corps écartelé en une blessure inguérissable.

  13. 11 09 2012
    MELLAS (13:46:01) :

    salut tlm.
    je suis de blida et j’y suis ne’ 1965, c’est vraiment désolant de voire tout ça, il ne reste plus grand choses de blida

  14. 13 01 2013
    PERROU (12:39:14) :

    Bonjour,
    Je recherche des informations sur une branche de ma famille qui a habité dans les années 1920 à Blida : Mr et Me ALMERIC
    Si vous avez des informations ou des photos je suis très intéressé.
    Cordialement

  15. 21 01 2013
    virte (16:19:05) :

    qui peut me dire ce que’sont devenues « LES CONFITURERIES JEANNETTE » qui étaient à BLIDA dans les années 60 MERCI

  16. 21 05 2014
    benarbia (11:52:03) :

    ma ville natale blida , ecole de l’orangerie ,année 1958à1964.j’ai des photos de blida ainsi que des photos de classes .je suis née 1951,blida la rose , il ne reste plus rien ,murs en beton ont fermés les jolie maisons qui avant garnis de jolie fleurs meme on voyais des harbres fruitiers ,dommage.

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