POEMES PIEDS NOIRS

SOUVENIRS DE BLIDA (Algérie Juin 1962)

J’aime à me souvenir de ces moments passés,
De ces moments perdus que je revois encore,
Tandis que nous vivions dans ces temps reculés
De charmants heureux jours que je me remémore.

Toi ma ville natale au cœur de MITIDJA,
J’ai vécu dans tes bras, Ô douce fleur que j’aime.
J’ai gonflé ma poitrine et marqué de mes pas
Le long des orangers qui faisaient ton emblème.

BLIDA la villageoise, et si grande à la fois,
Dont le cœur est fleuri d’un palmier plein de grâce,
Te souviens-tu peut-être, en ces temps d’autrefois
Du kiosque empanaché qui trônait sur ta place?

Promenant mon regard sur ton ciel infini,
Je revois ma cité, sa place et ses platanes,
Le boulevard TRUMELET plein d’orangers garni,
La rue des COULOUGLIS d’échoppes musulmanes.
L’école”Orangerie”, l’église et son clocher
Mimiche haut perché, Chréa, Fontaine-fraîche,
Glacières et sentiers à l’hiver enneigé,
La source aux pures eaux que le vent d’août assèche.

Je revois le jet d’eau, ses bassins suspendus
Où les éclats d’argent jouant sur les lumières,
Reflétaient le cristal sous les rayons tendus
Que le soleil offrait au son des chutes claires.

L’avenue des MOULINS, depuis la rue TIRMAN,
La rue du BEY, d’ALGER et les marchés arabes,
Vivants plein de vigueur où grouillaient les marchands,
Et la rue ABDALLAH aux étals innombrables.

Puis le marché couvert, lieudit ”Européen”,
Rue CARNOT, PELISSIER, puis la place des Pompes.
Et par la rue FOURRIER, bien cachée en son coin
L’écurie aux poulains : chevaux de la Remonte.

Poursuivant ma pensée à l’écoute du temps
Qui s’est hélas perdu dans ma triste mémoire,
J’entrevois effacé dans mes quartiers d’enfant :
La Cité COMBREDET, la rue DUPETIT-THOUARS.

L’avenue de la gare avec sa Micheline,
Le stade DURUY, la piscine FOUCHET,
Et je perçois aussi dans mon oreille fine
Calèches et grelots des chevaux harnachés

Le café de la PAIX de Madame JOURDAN,
Les baraques à sous où se roulaient les billes,
Tout près de la Grand'Place et l'hôtel d’ORIENT
Où passaient chaque jour toutes les belles filles.

Et tous les soirs venus entre les orangers,
Indubitablement c’était la promenade.
Montant et descendant, la foule en rangs serrés
Se croisait nonchalante animant la ballade.

La fête de BLIDA la bataille des fleurs,
Autant de souvenirs qui remplissent ma joie.
Confettis et flambeaux, lumière et projecteurs,
D’y penser aujourd'hui, j’ai le cœur qui flamboie.
Le maillot jaune et noir c’est pour le F.C.B,
Sans oublier les sports en ultimes pensées.
Vert pour l’U.S.M.B., bleu-blanc pour l’U.S.B,
Et pour BLIDA-GYMNASE, épreuves insensées.
Je me souviens encore de ces petits coins doux,
Le grand jardin BIZOT, ses arbres séculaires;
Le BOIS  sacré secret avec son MARABOUT,
Voilà tout un tableau d’images familières.

Sur son lit caillouteux, n’a de grand que son nom,
Voici l’OUED KEBIR au pied de la colline.
Aride et sec l’été sous le soleil de plomb,
Petit torrent l’hiver, il chante sa comptine.

Je n’ai pas oublié le Lycée DUVEYRIER
Où j’ai passé le temps de ma tendre jeunesse
En divins.heureux jours j’y revois le passé
Qui s’accroche à mon cœur et qui depuis ne cesse.

Rien ne s’effacera dans l’ornière du temps,
Si l’on navigue au loin de l’époque passée,
Tout restera fixé, tel que sur les écrans
Du REX, IMPERATOR, VERSAILLES, COLISEE.
Gardés en souvenirs, pour revoir mes amis,
Par ce petit poème en ces mots réunis,
Ah! BLIDA ma jolie et ta beauté perdue
Je suis fier aujourd'hui de t’avoir entendue.
Claude LEVY

Blida en fête ou la Belle de Mai des année 50

Tout habillée de fleurs ainsi qu’une Déesse
Blida, parée en Mai de son corps de Princesse,
Nous montrait un visage embelli de drapeaux
De décors et lumière et de mille flambeaux.

Les cœurs étaient en joie, emplis de féeries
Et tous les chars ornés de guirlandes fleuries,
Inlassables tournaient au milieu de flonflons
De filles et rondeaux et monceaux de ballons.

Autour de notre kiosque aux ogives mauresques
Dentelé de décors d’arches et d’arabesques,
Où trônait son panache et noble beau palmier
Devenu un symbole, attribut printanier...

J’entends encore les sons et les bruits de la fête
Sur la grand’place au kiosque où sa musique en tête
JO Barousse et les siens jouaient leurs instruments

Et chacune mesure était ravissements.

«Les Amis Réunis» leurs cuivres et trompettes
Les concerts et la danse aux sons des clarinettes,
Tout se couvrait de fleurs d’harmonie et gaieté
C’était le paradis à Blida pour l’été.

Et la barbe à papa de ses mousses légères
Côtoyait en accord les flambeaux et lumières.
Tous les bouquets volaient en combats réguliers
Des batailles de fleurs entre «ennemis» alliés.

Vacarmes et tumulte au milieu de la foule
Des clameurs enfiévrant le tapage où roule
Dans un climat de foire entremêlant en chœur,
Les rythmes des tollés, de liesse et de bonheur.

Et devant notre église en plein cœur de la place
Baraques et forains et les fêtards en masse
Sous l’arôme de sucre et de blond caramel
Flottaient l’enchantement et bonheur éternel.

Les joyeux cris d’enfant qui clamaient de plaisir
Sur les chevaux de bois tout prêts à tressaillir
S’agitant en riant en sautant de leur siège
Pour tirer le pompon qui pendait au manège...

Embarqué dans le flot de la foule en délire
Dans la vague du temps de ce royal empire
C’est fondu dans ce monde où j’étais emporté
Où jusqu'au petit jour c’était la liberté.
Adieu BLIDA ma ville, il faut tourner la page,
Je garderai de toi la douce et fière image
D'un passé merveilleux de ces plaisirs perdus
Mais hélas maintenant, je ne reverrai plus…

Je garde au fond de moi le regard triste et blême
De chacun des reflets des petits coins que j’aime,
Ensevelis depuis dans la vague du temps
Mais conservés encore au cœur de mes instants.

Et je caresse aussi dans mon profond silence
Ces printemps de bonheur de ma petite enfance
Où le sable a laissé la trace de mes pas
Et l’écho de BLIDA, ne se ternira pas...

Claude LEVY

Blida ville des roses

Que sont nos maisons devenues,
Nos orangers, nos avenues,
Les sables d'or de Zéralda
Et notre kiosque de Blida?                                                                                                                                                                                                                         

Hélas! tout est perdu, la rose et la jeunesse,
Les parfums du bonheur et les moments de liesse.
Des secrets du passé de ces lointains plaisirs,
Il ne nous reste rien... que de bons souvenirs

Le temps des souvenirs revient dans ma mémoire
Et restera gravé dans le vent de l'histoire.
On a laissé mourir les fleurs de réséda
Qui garnissaient d'amour les jardins de Blida.

Les fruits des oliviers mûrissaient à l'envie
Au joli Bois Sacré du temps de notre vie,
Nous n'effacerons pas ces feuilles d'agenda
Mais nous regretterons les jardins de Blida.

Les fleurs des orangers, des lys, des azalées,
Charmaient le boulevard le long des deux allées
L'arôme se glissait sous notre véranda
Et nous ne verrons plus les jardins de Blida.

D'avoir laissé nos morts, nos maisons et nos roses,
Nos esprits sont meurtris nos âmes sont moroses.
Sur la place au palmier bien fini la fiesta,
Nous les avons perdus les jardins de Blida.

Mais avant de partir pour notre long voyage
En laissant ici-bas nos choses sous l'orage,
D'entre toutes les fleurs, la rose regarda,
Jamais nous n'oublierons les roses de Blida.
Claude Lévy


Les Autocars Blidéens (L’itinéraire Blida-Alger)

 " Les Autocars Blidéens" était l'enseigne d’une Société privée de transports de personnes qui désiraient se rendre de Blida à Alger la capitale.

Blida, ville principale de la plaine de la Mitidja, était en 1962, une agglomération qui abritait environ 70.000 âmes. Bâtie au pied de l’Atlas Tellien, première grande chaîne de montagnes de l’Algérie, elle était l’un des passages obligés pour atteindre les sommets où nichait Chréa, la station haut perchée qui attiraient bon nombre des partisans des joies des sports d’hiver. 

Blida affublée de son kiosque à musique de style mauresque avec ses colonnes aux ogives orientales, était fière de son immense palmier qui trônait au-dessus. Le kiosque, surélevé étaient entouré d’un bassin circulaire limité tout autour d’une rampe en fer forgé de la meilleure allure,  il s’érigeait en plein milieu de la Place Clémenceau, dite "Place d’Armes" cernée de ses majestueux platanes en double files.

Blida, la charmante, la belle, était desservie en transports vers la Capitale, par la voie de chemin de fer qui arrivait jusqu’au centre-ville, permettant à la Micheline, petit train monté sur pneumatiques, de venir  presque jusqu’à la grande place pour récupérer les voyageurs. L’autre moyen mis à disposition étant la fameuse Société des Autocars Blidéens, équipée d’une assez importante flotte de véhicules qui garaient dans leurs immenses hangars situés à la sortie de la ville, sur la route nationale.
Ces fameux Autocars peints en rouge vif étaient au service des voyageurs. Le départ se faisait sur la Grande Place, face à l’Hôtel d’Orient à deux pas du bas de la rue d’Alger, aux jours et heures bien définis. L’itinéraire emprunté passait tout d’abord  le long du boulevard Trumelet bordé de ces fameux orangers qui embaumaient au printemps lorsqu’ils étaient en fleurs, et que les piétons empruntaient pour faire  leurs promenades quotidiennes. 

L’Autocar démarrait tout proche de la Brasserie de la Paix juste en face des Galeries de France, grand magasin exposant ses nombreuses vitrines sur le boulevard, au-dessus de la rue des calèches devenue plus tard une station de taxi. Les Casernes du 1° R.T.A. et de la" Blidéenne", dont la majestueuse grille
d'enceinte  étaient ornés de magnifiques bougainvilliers toujours en fleurs.

Sur la droite du boulevard, en descendant se montrait ostensiblement le panache du palmier de la Banque de l’Algérie qui avait l’air, en s’agitant, de nous souhaiter un bon voyage juste à  l’angle de la rue Dupetit-Thouars, petite rue commerçante conduisant au marché couvert. A l’autre angle, le coiffeur homme à la façade vieillotte tout près de la quincaillerie Shencker et Puéchegud à la devanture bleu nattier. Plus bas, faisant l’angle de la rue Carnot, le bar de Biglia où la kémia garnissait tout le comptoir avec commandes en cours  de « tonnes » d’escargots à la sauce piquante. En face, la papeterie Klein à l'endroit duquel notre ami Chanel créa sa prestigieuse boutique de fleurs. Puis le grand magasin de meubles Salvano avec ses nombreuses vitrines d'expositions et le garage Peugeot de notre ami  Jacky Clément qui nous avait hélas quitté à la fleur de l’âge, par suite d’un stupide accident sur la route de Chréa.
Plus bas, toujours sur la droite, la façade de la sous-Préfecture se dessinait  en grand, puis à quelques pas l'enseigne de l’hôtel de Gironde tout  près de l’angle  de la rue Fourrier.

Reprenant son chemin, l’Autocar enfilait sur sa droite le Boulevard Beauprêtre, très large artère moderne  abritant le siège des pompiers, et qui contournait la ville pour aller rejoindre l’autre extrémité de la rue d’Alger où son prolongement conduisait à la sortie de la ville, non loin du grand portail des « Amis réunis », école de musique qui a formé bons nombres de mélomanes blidéens.
Plus loin, à quelque distance sur la route nationale, à droite, le grand garage Renault de notre ami Charley Fluixa,  qui étalait son imposante façade vitrée pour ses voitures en exposition. Et à presque lui faire face, le siège et les immenses  hangars de la Sté des Autocars Blidéens avec son escadre alignée, presque au complet

Le premier village sur la route nationale à environ 6 km était le village de Béni-Méred, tout petit village campagnard avec son passage à niveau.  Puis 7 à 8 km plus avant, le gros bourg de Boufarik nous étalait ostensiblement sa très riche activité agricole. Les pépinières, les champs de blés, les vignobles, les vergers et agrumes garnissaient le paysage. Les taches de miel qu'étaient les beaux champs de blés se piquaient de vives étoiles rouges que maculaient les coquelicots, qui attendaient au passage jusqu'au bord de la route, leur cueillette par les amoureux des fleurs.

Puis les Quatre-chemins, tel était le nom d'une petite agglomération bien plus modeste que Boufarik, qui constituait le passage forcé qu’empruntait l’autocar  pour nous conduire vers la Capitale.

On parcourait kilomètre après kilomètre pour atteindre  les villages de Birtouta  puis  Birkadem et plus loin, Birmendrès et par la route moutonnière la Ville de Maison carrée, déjà la banlieue du grand Alger.
Alger la Blanche, où tous les immeubles, vus de la mer étaient d’un blanc immaculé.

Alger dans sa superbe où sur sa colline dominait le Télémly. La vue y était féerique et la descente, vertigineuse. L’autocar entrant dans l’agglomération longeait le boulevard front de mer et terminait son parcours Place du Gouvernement où, en son milieu trônait majestueusement Henri d’Orléans, le Duc d’Aumale sur son cheval, imposante statue de bronze, juché sur son piédestal.

C’était ici le terminus de notre "Autocar Blidéen."Distance parcourue 50 kilomètres tout ronds.

Claude Lévy


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